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Vendredi 6 novembre 2026

Bien construire.

Dans le 20e, AAVP a construit du logement social en pierre de taille, dessiné jusqu’au garde-corps. Au Trocadéro, l’Atelier Perraudin montre une architecture de pierre, de terre et de bois. Chez Caryatide, Paolo Amaldi montre que l’évidence d’un bâtiment de Livio Vacchini se défait dès qu’on le parcourt. Bien construire, ce n’est pas seulement bien assembler : c’est faire un bâtiment qui tienne, et qu’on ait envie de garder.

Dans ce numéro

01 · Jusqu’au 3 janvier et au 3 maiExpositions
Atelier Architecture Perraudin, Cité de l’architecture
Louvre Photo, musée du Louvre

02 · Depuis l’espace publicVisite · 107 logements, Python-Duvernois, Paris 20e

03 · Dimanche 8 novembre, 15 hFilm · L’Homme de Rio, Philippe de Broca

04 · En librairieLivre · Paolo Amaldi, Livio Vacchini. La construction paradoxale de la forme

05 · En ligneCours · Richard Scoffier, « La colonne »

06 · La questionConstruire en pierre, est-ce construire pour toujours ?

07 · L’agenceLe nouveau site est en ligne

Du samedi 7 au vendredi 13 novembre.

01 · Expositions

Atelier Architecture Perraudin, « L’architecture ? C’est fait pour rendre les gens heureux ! »

Jusqu’au 3 janvier · Cité de l’architecture et du patrimoine, 1 place du Trocadéro, Paris 16e · tous les jours de 11 h à 19 h sauf le mardi, nocturne le jeudi jusqu’à 21 h · 13 €, réduit 10 €

Immeuble de logements en pierre massive, loggias profondes et grande baie circulaire au rez-de-chaussée
Atelier Architecture Perraudin. Image de l’exposition, Cité de l’architecture et du patrimoine

Grand Prix national de l’architecture 2024, Gilles et Jean-Manuel Perraudin ont carte blanche à la Cité, après Pierre-Louis Faloci et Philippe Prost. Huit projets, en France, en Roumanie et au Sénégal, montrés par des photographies, des croquis et des documents graphiques. Une architecture qui part des ressources locales et pour qui la pierre, la terre ou le bois sont des matériaux à comprendre plutôt qu’à dominer. Le titre est un programme : construire pour rendre les gens heureux.

L’exposition →

Louvre Photo

Depuis le 4 novembre, jusqu’au 3 mai · mezzanine Napoléon, sous la Pyramide, musée du Louvre, Paris 1er · tous les jours de 9 h à 18 h sauf le mardi, nocturnes le mercredi et le vendredi jusqu’à 21 h · compris dans le billet du musée, 22 €, gratuit pour les moins de 18 ans et, dans l’Espace économique européen, pour les moins de 26 ans · créneau à réserver en ligne, conseillé

Le ballon captif de Giffard dans la cour des Tuileries, devant l’arc du Carrousel et le palais du Louvre
René Dagron, Grand ballon à vapeur d’Henri Giffard, 1878, épreuve argentique. Image de l’exposition, musée du Louvre

Plus de 300 photographies, des daguerréotypes aux images numériques, toutes prises au Louvre ou consacrées à lui : ses salles, ses cours, ses coulisses, ses visiteurs, jusqu’aux commandes passées à des photographes depuis les années 2000, comme Robert Polidori. On y suit un même bâtiment changé en musée sous le Second Empire, dont les œuvres partent et reviennent pendant les deux guerres, puis repris par le Grand Louvre. Un seul lieu photographié pendant deux siècles : de quoi voir ce qu’un bâtiment garde et ce qu’il perd. Commissariat Quentin Bajac et Dominique de Font-Réaulx.

L’exposition →

02 · Visite depuis l’espace public

107 logements, Python-Duvernois, Paris 20e

AAVP (Vincent Parreira) avec Mobile Architecture Office pour la RIVP · nommés à l’Équerre d’argent 2026, catégorie Habitat, palmarès le 23 novembre · ZAC Python-Duvernois, face au parc Aretha-Franklin, près de la porte de Bagnolet

Détail de façade : blocs de pierre, bandeaux courbes, fenêtres en bois et garde-corps en ferronnerie
Détail de la façade, recadré d’une photo de Nicolas Trouillard publiée par AMC

Des logements en pierre de taille et autres matériaux géosourcés : 89 logements sociaux, 17 logements pour Action Logement et quatre commerces, à côté de la piscine Yvonne-Godard, au cœur d’un quartier en pleine transformation le long du périphérique, autour d’un parc de 3,3 hectares ouvert en 2024. Depuis la rue, on voit une façade qui ondule, des fenêtres en bois à la française, des balcons creusés dans l’épaisseur : du logement social dessiné comme un immeuble de ville, pas comme un programme. À voir avant le palmarès.

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03 · Film

L’Homme de Rio, Philippe de Broca

Dimanche 8 novembre à 15 h · salle Henri Langlois, Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, Paris 12e · France, Italie, 1964, 1 h 52 · avec Jean-Paul Belmondo et Françoise Dorléac · séance présentée par Rodolphe Cobetto

Brasília en chantier, années 1960
Brasília en chantier. Domaine public, Arquivo Nacional (Brésil), fonds Correio da Manhã

Un soldat en permission poursuit jusqu’au Brésil les ravisseurs de sa fiancée, sur un scénario coécrit par Jean-Paul Rappeneau et Ariane Mnouchkine. Le film a été tourné en 1963 à Rio et à Brasília, ville nouvelle encore en chantier et presque vide. Une comédie d’aventure, et sans l’avoir cherché un document sur une capitale avant ses habitants.

La séance →

À lire, à regarder.

04 · Livre

Livio Vacchini. La construction paradoxale de la forme

Paolo Amaldi · Caryatide, collection Constellation, avec Mendrisio Academy Press et la Fondazione Archivio del Moderno, avril 2026 · préface de Joseph Abram · 176 pages · 35 €

Couverture du livre : le nom de Livio Vacchini composé en lettres dispersées sur fond gris
Couverture. © Caryatide

On range Vacchini parmi les architectes de l’évidence : des bâtiments tessinois réduits à l’essentiel, qui traduiraient une idée claire ou une logique constructive. À partir des archives des projets et des témoignages de ceux qui l’ont côtoyé, Paolo Amaldi soutient l’inverse : ce sont des objets paradoxaux, dont la forme, évidente au premier regard, se défait dès qu’on en fait l’expérience. Une question de fond pour qui croit qu’un bâtiment se lit d’un coup d’œil.

Le livre →

05 · Cours en ligne

Richard Scoffier, « La colonne »

Les éléments de l’architecture III, cours n°3 · en ligne depuis le 1er avril 2024

Richard Scoffier pendant le cours
Richard Scoffier pendant le cours. Image de la vidéo

Un cours sur la colonne, l’élément où la construction se montre.

Le cours →

Une question, une réponse.

06 · La question

Construire en pierre, est-ce construire pour toujours ?

D’après « Équerre d’argent 2026 : les nommés de la catégorie Habitat », AMC, 2 novembre 2026

Lundi, AMC a publié les nommés de l’Équerre d’argent. Parmi eux, les 107 logements d’AAVP à Python-Duvernois, notre visite de la semaine, construits en pierre de taille. Avec l’Atelier Perraudin à la Cité, c’est la deuxième fois cette semaine que la pierre arrive avec la même promesse : celle d’un bâtiment qui ne bougera plus.

Jérôme Denis et David Pontille, qui étudient l’entretien des choses, montrent l’inverse : la pierre se dégrade avec la pluie, la pollution, les mortiers ou les métaux qu’on lui associe, et « plus une chose est présumée solide, considérée comme un objet stable et inerte, plus l’effet de contraste est marquant » quand on la regarde par la maintenance (Le soin des choses, La Découverte, 2022). Pierre Caye déplace la question : « Nous donnons le temps simplement en construisant de la durée. » (Durer, Les Belles Lettres, 2020, p. 45).

Ma réponse est non, et c’est ce qui rend la pierre intéressante. Un bâtiment ne dure pas parce que son matériau serait éternel, mais parce qu’on peut le réparer : un joint qu’on refait, un bloc qu’on remplace, un détail qui laisse l’eau s’en aller. La durée se décide dans l’assemblage plus que dans le matériau. Bien construire, c’est construire ce qu’on saura entretenir. Dans un appartement ancien, c’est ce que nous regardons d’abord : non pas ce qui est solide, mais ce qui se répare.

Les nommés →

07 · L’agence

Le nouveau site est en ligne

Chaque projet a désormais sa page, avec ses photographies et son histoire. On peut aussi parcourir l’ensemble par thème : réparer l’existant, valoriser les matériaux, penser l’identité du lieu.

particules-elementaires.com →

Bon week-end,

Matthias Gervais de Lafond, architecte
Particules élémentaires

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Sélection et textes : Matthias Gervais de Lafond. La lettre de Particules élémentaires paraît chaque vendredi à 14 h : ce qui se voit en Île-de-France du samedi au vendredi suivant. Numéros parus.

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