Particules
élémentaires

Six architectes et théoriciens interrogent ce que construire veut dire

Construire une pensée, cycle de conférences, ENSA Paris-Malaquais

Ce cycle de conférences interroge l’identité constructive de l’architecture contemporaine. « L’élément fondateur du projet réside dans l’intelligibilité d’une pensée », écrit Patrick Mestelan. L’acte de construire est un moment central de la fabrication de l’architecture. Chaque jour, des chantiers sont ouverts, des semelles de fondations sont coulées, des planches de coffrage sont serrées, des blocs de maçonnerie sont assemblés. Cette mise en œuvre de la matière est l’unique manière de produire des bâtiments, et pourtant elle ne suffit pas toujours à faire de l’architecture. « Voici ce qui nous intéresse : se servir de formes et de matériaux connus, mais d’une façon nouvelle qui les fasse redevenir vivants », dit Jacques Herzog. Il est possible de construire sans faire d’architecture ; certains promoteurs l’ont bien compris. Une démarche spéculative, concentrée sur la rentabilité immédiate, se préoccupe peu de la syntaxe constructive du bâtiment. L’intelligibilité constructive d’une construction a besoin d’être portée par l’engagement d’un praticien. « Je veux que le bois soit du bois, l’acier de l’acier, l’aluminium de l’aluminium, une botte de foin, une botte de foin », disait Carl Andre. Les conditions contemporaines de fabrication de l’architecture demandent une agilité particulière pour faire de l’identité structurelle la première définition de l’espace bâti. Ce cycle, organisé par l’école d’architecture Paris-Malaquais, interroge des praticiens et des théoriciens sur l’identité du monde que l’on est en train de construire.