Mathias Gervais de Lafond Malaquais
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Maître de conférences

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Théorie de la conception architecturale

ENSA Paris Malaquais

Mathias Gervais de Lafond devient maître de conférences de l’ENSA Paris Malaquais, après 10 ans d’enseignement à l’ENSA Belleville et Lyon. Il s’agit de penser chaque projet comme un patrimoine à venir, de placer la question du temps au centre de la réflexion proposée. En manipulant des notions comme la valeur immatérielle, l’intelligibilité constructive, la durée de la forme, le potentiel de la matière, l’histoire du lieu ou le sens de bâtir, il est possible de questionner l’inscription temporelle de l’architecture contemporaine. ENSA Malaquais

Particules elementaires pavillon arsenal
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Exposition : Et demain on fait quoi ?

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Auteur contributeur

Pavillon de l'Arsenal

Il est temps de changer notre considération de la valeur de l’architecture ; et plus globalement, notre manière de créer de la valeur. Regardons le monde dans toute sa complexité pour remplacer l’artifice du spectaculaire par la profondeur de l’intensité. Défendons une architecture bien construite, dont la durabilité n’est pas règlementaire ou normative. Il est urgent d’interroger l’inscription temporelle de l’architecture.

Le temps est la grande victime de notre société. La non durabilité des modes de production, de déplacement et de réflexion contamine avec une vitesse accrue toutes les disciplines et toutes les industries. L’architecture n’échappe pas à cette contamination. Elle est uniformisée, dématerialisée, coupée de toute origine et parfois même de toute réalité.

Il ne suffit plus de construire de l’architecture, il faut faire patrimoine. Alors comment faire patrimoine ?

Le patrimoine est à entendre comme la chaine des dépendances qui relie un projet à son site. Le patrimoine est à la fois une culture et un outil pour fabriquer de l’architecture. Il est une matière où puiser. Il est un socle pour bâtir. Il est une mémoire vive et un but à atteindre. Pour un œil en quête de singularités, un site regorge toujours d’histoires, de géométries et d’orientations particulières. Ce sont des fragments offerts pour la conception ; ce sont des clés de compréhension du lieu. Valorisons une créativité issue de l’histoire des lieux. Notre connaissance des savoir-faire et des traditions démultiplie les capacités d’innovation.

Cette valorisation du patrimoine a des conséquences constructives car elle introduit une triple dépendance entre forme, structure et matériau. Depuis ses origines, l’architecture est corrélée à un langage structurel. L’architecture est profondément liée à la pensée de la construction car notre condition d’existence n’a jamais changé : nous sommes soumis à la gravité terrestre. Bâtir c’est définir un système constructif qui sera l’expression d’une force à opposer à la gravité, soit pour franchir soit pour s’élever. La gravité est à l’origine d’une relation essentielle entre l’architecture et la construction. C’est la permanence intrinsèque de l’architecture. Aujourd’hui beaucoup d’architectes dissocient l’expression architecturale du bâtiment et son principe constructif. L’abstraction constructive défait la relation de dépendance entre construction et forme. Si on ne défend pas le rapport de dépendance entre la forme et la construction, on risque de transformer l’acte de bâtir en un simple assemblage de produits industriels standardisés. Ce sont alors ces produits, et non pas l’architecte, qui conditionnent les formes architecturales.

Réfléchir aux matériaux pour faire patrimoine c’est aussi s’interroger sur leur mode d’approvisionnement, sur la disponibilité des ressources et leur lieu d’extraction. La matière est rattachée à un contexte. Par nature, elle est localisée. Cette lecture localisée de la matière est totalement brouillée par les logiques économiques contemporaines.

Si on renonce à cette lecture contextuelle de la matière, nous aurons à terme les mêmes matériaux partout, ce qui veut aussi dire les mêmes structures et les mêmes formes architecturales ; dans le monde entier. Apprendre à lire les caractéristiques du lieu doit nous permettre de trouver la ressource principale du projet, sa matière, sa structure et sa forme.

Faire patrimoine est un moyen d’atteindre une réelle efficacité énergétique. Il est nécessaire pour cela de réfléchir la conception comme une hiérarchie entre le variant et l’invariant. Cela revient à envisager l’acte de bâtir en deux temps clairement distinct.  Le temps de l’invariant : c’est la structure, entendue dans son sens large. C’est elle qui fait la forme. C’est elle qui filtre la lumière. C’est elle qui donne la trame de l’organisation de l’espace. Le variant c’est l’usage, et tous les éléments qui y sont rattachés. Le variant est par essence obsolescent : les usages se transforment, les normes changent, la technique évolue. Ainsi faire patrimoine c’est installer un bâtiment dans la durée en lui donnant dès sa conception le potentiel de son évolution et de sa transformation. C’est prendre acte que le projet n’a pour but que lui-même. C’est en devenant inefficient et inactuel qu’il atteint sa justesse.

Faire patrimoine est un engagement d’avenir. C’est prendre acte de la responsabilité sociale qu’implique l’acte de bâtir. C’est envisager dès sa construction qu’un bâtiment a un rôle à jouer par rapport à la ville, aux habitants, aux ressources mais aussi par rapport au temps.

Simon Campedel (FP01) et Mathias Gervais de Lafond (Particules élémentaires) – Lien vers l’article : Faire Patrimoine

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« Studio Prouvé »

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Conférences FIAC

Pavillon de l'Arsenal
Crédit images
Victor Picon

En collaboration avec la Galerie Patrick Seguin et la FIAC, le Pavillon de l’Arsenal présente STUDIO PROUVÉ,  une série de conférences d’architecture en public et retransmises en direct live sur le site internet pavillon-arsenal.com depuis l’école « nomade » conçue par Jean Prouvé, exceptionnellement réinstallée Place de la Concorde. O.F.C est invitée par le Pavillon de l’Arsenal a réagir à cette citation de Jean Prouvé : «Tout ce que j’ai fait a toujours découlé d’une pensée qui était instantanément constructive. Je n’ai jamais eu une vision ou une forme à l’esprit, je n’ai pas de style. Je n’ai jamais dessiné de formes. J’ai fait des constructions qui avaient une forme.» Conférence donnée par Mathias Gervais de Lafond. Lien vers la vidéo : Pavillon de l’Arsenal

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Publication Spectre 02

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Direction artistique

Cosa Mentale, Paris
Client
Cosa Mentale
Crédit images
Cyrille Weiner, Giaime Meloni, Vincent Delbrouck

Dans les récits bibliques de l’Arche de Noé, il n’est jamais fait mention des plantes, elles ne faisaient pas partie des espèces à sauver du déluge. Pendant plusieurs millénaires les plantes ne sont pas considérées comme des êtres conscients.

C’est le biologiste Charles Darwin qui modifie notre regard porté sur les plantes en les décrivant comme des êtes dotés d’un degré d’évolution étonnamment avancé. Dans son livre The Power of Mouvement in Plant (1880), il affirme que leur système racinaire présente des similitudes avec le cerveau des animaux. Francis Darwin, son fils, consacre ses recherches à la physiologie végétale et déclare en 1912 : « nous pouvons prouver que les plantes sont intelligentes ». En 1983, Jack Shultz et Ian Baldwin vont plus loin et publient un texte décrivant le langage des peupliers. Ces arbres se transmettent des signaux d’alerte par voie aérienne. A la suite de 30 années de recherches, les plantes s’avèrent pouvoir communiquer entre elles, se transmettre des informations, y réagir, entendre des sons, sentir des odeurs, anticiper un danger et avoir un comportement altruiste ou solidaire.

Les travaux de biologistes tel que Stefano Mancuso (The roots of plant intelligence, Ted Talk 2010 ; L’intelligence des Plantes, Albin Michel, 2018) cherchent aujourd’hui à démontrer l’existence d’une neurobiologie végétale ; comme tous les êtres vivants, les plantes discernent les couleurs, mémorisent des données et prennent des décisions. La pression du vent, par exemple, provoque la torsion des branches et l’expression d’un malaise ; l’arbre va s’habituer à cette sensation et s’y adapter. Même si le vent s’arrête, l’arbre mémorise cette contrainte et s’y adapte.

Si elles sont intelligentes, il est aussi prouvé que les plantes sont douées de sensibilité. Il existe par exemple une solidarité intergénérationnelle entre les pins. Les plus vieux spécimens se connectent aux jeunes arbres pour créer un flux nutritif vital à travers leurs racines.

Les plantes ressentent les pressions, les contraintes et les violences du monde extérieur. Notre comportement irresponsable et méprisant vis à vis des végétaux ne fait qu’augmenter les traumatismes subis. Étant des êtres enracinés, profondément sédentaires, les plantes n’ont pas d’autre choix que de subir et de s’adapter. Leur vie est faite d’agressions successives dont elles gardent la mémoire, et dont il faut dépasser la violence des effets. Elles portent la trace et les stigmates laissés par les traumatismes d’un cadre de vie qu’il n’est pas possible de fuir.

Ce numéro inédit de Spectre invite des artistes contemporains à livrer leur interprétation du trauma végétal.

Direction artistique : Mathias Gervais de Lafond / Direction éditorial : Claudia Mion / Direction graphique : Spassky Fischer

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Editions Cosa Mentale

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Crédit images
Julia Andréone

Simon Campedel et Mathias Gervais de Lafond sont co-fondateurs des Editons Cosa Mentale en 2009. Cosa Mentale est un espace dédié aux documents d’architecture : un magazine, des livres, des conférences et des expositions sont disposés comme des fragments d’une construction transversale à la réflexion. La multiplication des outils participe à une vision de l’architecture comme une discipline polymorphe.

Comité éditorial : Simon Campedel, Frédéric Einaudi, Mathias Gervais de Lafond, Baptiste Manet, Claudia Mion, Giacomo Ortalli, Simon Vergès

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Publication Mare Nostrum

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Direction artistique

Cosa Mentale, Paris
Livraison
2018
Prix HT
35 €
Crédit images
Cosa Mentale

Classeur est une revue théorique d’architecture. Simon Campedel et Mathias Gervais de Lafond, membres fondateurs des Editions Cosa Mentale, sont respectivement directeur éditorial et directeur artistique de la revue Classeur.

Après le Mythe de pierre, c’est autour de la Méditerranée que s’assemblent les Récits de ce deuxième numéro de Classeur.

Espace-temps, espace-mouvement, la mer Méditerranée comme continuité nous positionne face l’histoire, à notre histoire commune. Ses contours, son paysage architectural nous la raconte et nous offre alors une grille de lecture du présent. Ce numéro de Classeur offre un panorama de cette sédimentation qui prend chaque jour passé plus de sens et d’importance.

Plus de soixante contributions passionnantes nous ont été proposées pour nourrir sur ce thème. La France, l’Italie, la Grèce, Israël, le Liban, la Palestine, l’Egypte, la Libye, l’Algérie, l’Espagne dessinent les contours de cette compilation de Récits.

Direction graphique : Spassky Fischer. En vente sur : www.cosamentale.com

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Publication Spectre 01

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Direction artistique

Cosa Mentale, Paris
Livraison
2017
Prix HT
36 €
Crédit images
Editions Cosa Mentale

Vingt-six artistes contemporains ont répondu favorablement à l’invitation d’O.F.C. pour réaliser une série de photographies inédites révélant — à un moment donné — une intimité contre-nature avec la pierre. En retirant totalement l’Homme des photographies, cet ouvrage opère un « transfert » troublant : la minéralisation des émotions.

La pornographie minérale interroge la possibilité d’une relation charnelle avec la matière. Le regard fixé sur la pierre sculptée est marqué par son caractère subversif. La matière photographiée se donne avec complaisance ; à moins que l’observateur n’en dévoile le secret.

Avec la contribution exceptionnelle de : Julia Andréone, Clara Bahlsen, Gilles Beaujard, Julien Carreyn, Camille Denoix, Simon de Dreuille, Antoine Espinasseau, Pauline Hisbacq, Mathieu Gargam, Célestin Krier, Edward Lane, Thomas Mailaender, Mathieu Maimbourg, Benoît Maire, Giaime Meloni, Livio Mosca, Thomas Petitjean, Christine Phung, Chloé B. Rombaldi, Heloise Schwab, Elena J. Seejers, Assaf Shoshan, Nicolas Sisto, Camille Vivier, Sybille Walter, Cyrille Weiner

O.F.C : direction éditoriale du livre Spectre (Mathias Gervais de Lafond). Direction graphique de Spassky Fischer. En vente sur www.cosamentale.com

 

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Le Mythe de Pierre

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Direction artistique

Publication, Cosa Mentale, Paris
Livraison
2016
Prix HT
35€
Crédit images
Cosa Mentale

Classeur est une revue théorique d’architecture. Simon Campedel et Mathias Gervais de Lafond, membres fondateurs des Editions Cosa Mentale, sont respectivement directeur éditorial et directeur artistique de la revue Classeur.

Le Mythe de Pierre, numéro 01 de Classeur, est avant tout une histoire. Pour cela il va en traquer les traces : rassembler, décrire, dessiner, narrer, photographier ; puis les faire se rencontrer, s’embrasser, s’affronter.

Direction graphique : Spassky Fischer. En vente sur : www.cosamentale.com

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Cosa Mentale (revue)

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Créée par de jeunes étudiants en architecture, Cosa Mentale naît en 2009 comme « Revue d’Architecture et de Résistance ».

Son but est la construction d’un corpus de penseurs, de projets et de pensées utilisant ce qui existe, sans distinction de temps et de lieu : il ne s’agit pas d’établir une hiérarchie entre présent et passé mais de mettre en relief une continuité, une chaîne réflexive qui traverse le temps, et arriver à mieux définir une architecture qui est à la fois construction physique et construction mentale.

La revue rassemble les fragments épars dans le temps et l’espace, pour mieux montrer l’homogénéité, la pureté et l’évidence d’une architecture qui pose les bonnes questions, et qui tente d’y apporter des réponses.

Rassemblées, compilées et réinterrogées les unes par les autres, ces questions ont comme but la définition de l’essence, de la discipline et de perspectives pour la pratique de l’architecture.